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La prière litanique de la nuit de Noël
La prière litanique
La prière litanique de la nuit de Noël est une reprise des grandes antiennes « Ô », en latin antiphonae majores , qui sont chantées avant et après le Magnificat, aux Vêpres dans la semaine précédant Noël. En grégorien, elles sont toutes dans le même mode, le deuxième mode. Elles associent l'invocation du Messie (« Ô … ») avec la prière pour sa venue (introduite par : veni, « viens »). D’origine romaine, elles sont attestées dès le 4e siècle et se répandent rapidement dans toute l’Europe.​​​​​​​

L'antienne
L’« antienne », terme provenant du grec ancien : ἀντίφωνον (ἀντί, « contre » et φωνή, « voix », ici « réponse »), désigne originellement une alternance entre deux groupes de chanteurs. Dans la liturgie, les antiennes précèdent et concluent normalement un psaume, ou parfois les strophes d'une hymne, texte non biblique.
Ô
Les antiennes sont  familièrement appelées: « Grandes Ô », « Antiennes Ô » ou juste « Ô  de Noël », car elles commencent toutes par la lettre « Ô ».
Le Ô vocatif, et désidératif, exprime l'étonnement, l'admiration, l'émerveillement et rappelle que le Messie est le couronnement, l’aboutissement de l’œuvre créatrice de Dieu: l'oméga grec que l'on connaît spécialement au tracers de l'Apocalypse. Ainsi, à Noël Christ est célébré  aussi bien comme l'Alpha que comme l'Oméga du Dieu qui était, qui est et qui vient!
On peut aussi voir dans la forme latine de la lettre O, une forme ronde et pleine, évoquant à merveille la rondeur du soleil... le Messie ! ... et celle du ventre d'une femme enceinte.​​​​​​​

Dans les Eglises protestantes
Attente de Dieu, le chant des Antiennes Ô  se terminaient le 23 décembre. 
Les Eglises protestantes de langue française renouant avec la tradition liturgique de l’Eglise ancienne les utilisent à des moments différents. Ainsi les Antiennes Ô  ont été remises en valeur par la Communauté de Taizé qui les chante lors des vendredis de l'Avent. Elles sont aussi proposées dans l'Hymnal Companion 1940, dans l'Office Divin de chaque jour Eglise réformées de Neuchâtel et dans la liturgie des temps de fêtes à l’usage des Eglises réformées de Suisse romande (1979). 
La prière litanique de la veillée de Noël reprend uniquement les 7 antiennes dites l’une après l’autre, sans récitation du Magnificat. 
Cette prière est propice au temps de l'adoration au début du culte.  C'est pourquoi la prière litanique de la nuit de Noël sera caractérisée par la répétition du répons: Seigneur nous t’adorons!​​​​​​​

Sept antiennes et même huit ou plus 
Les Antiennes Ô résument l'attente messianique et rappellent les différents titres bibliques appliqués au Christ dans l'Ancien Testament selon l'interprétation chrétienne. Elles s'adressent au Christ qui va naître, et comme toutes les antiennes anciennes, contiennent de nombreuses références bibliques et allusions au Nouveau et à l'Ancien Testament. Une huitième antienne est proposée dans le texte ci-dessous qui ajoute encore un titre du Messie: le "Germe de justice", en phase avec la préoccupation récente de nos églises au sujet de la paix, de la justice et de la sauvegarde de l'environnement.​​​​​​​ Mais on trouve des manuscripts comptant encore plus d'antiennes comme en témoigne cette table parisienne
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Prière litanique de la Veillée de Noël

O Sagesse, 
Toi qui sort de la bouche du Dieu Très Haut
Toi qui règnes sur toutes choses d’un bout à l’autre de l’Univers
Et les fait tenir ensemble avec force et douceur,
Viens nous enseigner le chemin de la grâce
Seigneur nous t’adorons

O Seigneur, 
Toi qui a fait sortir ton peuple de l’esclavage de l’Egypte
Toi qui es apparu à Moïse dans le feu du Buisson ardent
Toi qui accorda à Israël, la Loi au Sinaï
Viens nous libérer avec puissance des chaînes du péché 
Et accorde-nous de marcher par la foi sur un chemin de justice
Seigneur nous t’adorons

O Rameau d’Isaï,
Signe de Ralliement dressé au milieu des peuples
Toi devant qui les rois ferment la bouche
Toi que les nations appellent au secours sans même te connaître
Révèle-toi à nos cœurs si souvent empêchés de te voir.
Seigneur nous t’adorons

O Clef de David
Sceptre de la maison d’Israël
Toi qui ouvre et nul ne peut fermer
Toi qui fermes et nul ne peut ouvrir
Ouvre grandes les portes de ton Royaume 
Seigneur nous t’adorons

O Etoile du matin,
Splendeur de la lumière éternelle et Soleil de Justice,
Viens éclairer ceux qui sont plongés dans les ténèbres de l’injustice
Et illumine ceux qui se trouvent dans l’ombre de la mort.
Seigneur nous t’adorons

O Roi des rois
Toi qui seul peut combler la soif de richesse et de puissance
Par la force de ton amour et de ton humilité
Viens et sauve l’homme de sa misère et de son orgueil
Viens et réalise l’unité des peuples déchirés par la guerre
Seigneur nous t’adorons

O Emmanuel 
Dieu avec nous
Espérance des nations et Sauveur du monde
Viens nous sauver, Seigneur notre Dieu, Seigneur viens bientôt Amen !
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Une huitième Antienne Ô
D'après Jérémie 33, 14 - 16 Voici venir des jours - oracle du SEIGNEUR - où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée au peuple d'Israël et à la communauté de Juda : En ce temps-là, à ce moment même, je ferai croître pour David un Germe de justice qui défendra le droit et l’équité dans le pays. En ces jours-là, Juda sera sauvé et Jérusalem habitera en sécurité, et voici comment on la nommera : « Le SEIGNEUR, c’est lui notre Justice. »
Cette antienne peut prendre place entre la deuxième et la troisième 
Ô Germe de Justice
Toi qui inspires les prophètes
Tu défends les pauvres et les humiliés et fais valoir les droits de l’immigré,
Viens et enseigne-nous le chemin du droit et de l’équité!

Antiennes Ô du Magnificat en latin et traduction française
En cliquant sur le nom latin de l'antienne Ô, vous pourez la méditer par l'image et le son
La série de peintures est l'oeuvre de l'artiste Robyn Sand Anderson (Etats-Unis, Minnesota) qui s'est laissé inspiré par les compostions musicales d'Arvo Pärt, compositeur estonien contemporain.
I. O Wisdom
II. O Adonai
III. O Root of Jesse
IV. O Key of David
V. O Morning Star
VI. O King of All People
VII. O Emmanuel

quae ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia : veni ad docendum nos viam prudentiae.
Ô Sagesse,
de la bouche du Très-Haut, toi qui régis l’univers avec force et douceur, enseigne-nous le chemin de vérité : Viens, Seigneur, nous enseigner le chemin de la prudence.

et dux domus Israël, qui Moysi in igne flammae rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti : veni ad redimendum nos in brachio extento.
Ô Adonai,
chef de ton peuple Israël, tu te révèles à Moïse dans le buisson ardent et tu lui donnes la Loi sur la montagne : Viens, Seigneur, nous délivrer par la vigueur de ton bras.
qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, jam noli tardare.
Ô Rameau de Jessé,
étendard dressé à la face des nations, les rois sont muets devant toi tandis que les peuples t’appellent : Viens, Seigneur, délivre-nous, ne tarde plus.
et sceptrum domus Israël, qui aperis, et nemo claudit, claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris, et umbra mortis.
Ô Clé de David,
ô Sceptre d’Israël, tu ouvres et nul ne fermera, tu fermes et nul n’ouvrira : Viens, Seigneur, et arrache les captifs établis dans les ténèbres et la nuit de la mort.
splendor lucis aeternae, et sol justitiae : veni, et illumina sedentes in tenebris, et umbra mortis.
Ô Étoile du matin,
splendeur de la lumière éternelle et soleil de justice : Viens, Seigneur, illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort.
et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti.
Ô Roi des rois,
Désiré des nations, pierre angulaire qui joint ensemble l’un et l’autre mur : Force de l’homme pétri de limon, viens, Seigneur, viens nous sauver.
Rex et legifer noster, expectatio gentium, et Salvator earum : veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster.
Ô Emmanuel,
notre Législateur et notre Roi, espérance et salut des nations : Viens nous sauver, Seigneur, notre Dieu.


Seiben Magnificat Antiphonen & Nunc Dimittis
An Interpretation in Color, Movement and Texture​​​​​​​

This series of paintings, created by Minnesotan artist Robyn Sand Anderson, was inspired by the musical compositions of Arvo Pärt, an internationally acclaimed Estonian composer. Specifically, she explores Pärt’s “Magnificat” and “Nunc Dimittis,” as well as his set of seven “O Antiphons” as recorded by the South Dakota Chorale under the direction of Dr. Brian Schmidt, Assistant Conductor and Administrative Coordinator of Chapel Music.
By reading and studying the texts and then listening to each track on the album “Sacred Songs of Life & Love”, Sand Anderson reimagined the audio soundscape into acrylic color, movement and texture on 22x30 gesso board. Sand Anderson was previously commissioned by Duke Chapel to create artwork inspired by Dietrich Buxtehude’s Membra Jesu Nostri, which was performed by the Vespers Ensemble. These paintings can be seen in the nave in the Easter season.
Duke Chapel welcomes the exhibit to Chapel walls well versed in sacred sounds.